Solennité du Sacré-Cœur de Jésus (Année A) : Un cœur doux, humble et rempli d’amour
Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui la solennité du Sacré-Cœur de Jésus. La première lecture est tirée du livre du Deutéronome (Dt 7, 6-11). La seconde lecture provient de la première épitre de saint Jean (1 Jn 4, 7-16). Nous lirons l’évangile selon saint Matthieu (Mt 11,25-30).
La dévotion au Cœur sacré de Jésus a connu une évolution progressive. Après la mort de Marguérite Marie Alacocque à la fin du 17ème siècle, cette dévotion s’est davantage développée au 18ème siècle. Marguérite Marie Alacocque est une religieuse française visitandine qui a fait l’expérience des visions mystiques de Jésus, au cours desquelles il lui révélait son cœur. Beaucoup de congrégations portant le nom de Sacré-cœur sont nées au 18ème siècle notamment pour aider à répandre le culte du Sacré-cœur.
Parler du cœur de Jésus c’est rappeler les sentiments d’amour de Jésus à l’égard des hommes. Car le cœur de Jésus est rempli d’amour pour l’humanité et pour toute personne. Il est l’expression de l’amour de Dieu lui-même à l’égard de l’humanité et de toute personne. Les lectures choisies pour cette célébration nous montrent que depuis longtemps, Dieu a toujours un cœur plein de compassion pour l’homme. Dans la première lecture, Moïse s’adresse au peuple d’Israël et lui montre à quel point il fait l’objet de l’amour de prédilection de la part de Dieu qui a promis de garder son Alliance et sa fidélité pour mille générations, à ceux qui l’aiment et gardent ses commandements.
Selon la mentalité vétérotestamentaire, ne pouvaient bénéficier des grâces du Seigneur que ceux qui gardaient ses commandements. Malheureusement les chefs religieux ont exagéré dans l’imposition des commandements à tel point que le peuple ne jouissait plus d’aucune liberté. C’est dans ce contexte que Jésus est arrivé avec un nouvel enseignement. Dans l’évangile d’aujourd’hui, il demande à ses interlocuteurs de le suivre, de se faire ses disciples car il n’a pas de joug ni de fardeau à imposer. Dans sa vision, les commandements doivent être observés par amour et non par contrainte. Et pour lui, le commandement par excellence est l’amour de Dieu et celui du prochain, comme saint Jean nous le rappelle encore dans la deuxième lecture. En effet, saint Jean nous exhorte à imiter, nous aussi, la manière d’aimer du cœur de Jésus : puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Il s’agit d’un amour qui doit se montrer dans les actes concrets, et non pas seulement par des paroles. Il est question de quitter notre indifférence pour être prêt à secourir quiconque est dans la souffrance.
Le nouveau Moïse, Jésus, se déclare être doux et humble de cœur. Jésus n’est pas insensible à la souffrance des autres, comme les évangiles nous le montrent si bien. Il exprime toujours de la compassion à l’égard de ceux qu’il rencontre et qui sont dans la souffrance. Et c’est à cause de sa grande compassion pour l’humanité qu’il a donné sa vie sur la croix où son cœur aimant a été transpercé.
Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus loue aussi le père parce qu’il se révèle aux petits, c’est-à-dire les pauvres en esprit, ceux qui croient en Dieu et qui accueillent ses mystères dans la simplicité. Il y a là un appel pour nous à quitter nos suffisances pour nous faire petits, afin de nous ouvrir à la grâce de la révélation de Dieu et de ses mystères.







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