Corpus Christi Année A : Jésus, Pain de Vie et Communion

Corpus Christi Année A : Jésus, Pain de Vie et Communion
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Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui la solennité du Corps et Sang de Jésus, appelée aussi le dimanche du Saint Sacrement, Corpus Christi, Corpus Domini ou encore Fête-Dieu. Pour cette année liturgique A, la première lecture est tirée du livre du Deutéronome (Dt 8, 2-3.14b-16a). La seconde lecture provient de la première épître de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 10, 16-17). Nous lirons l’évangile selon saint Jean (Jn 6, 51-58).

Cette grande fête de l’Eglise a été instituée au 13ème siècle, à partir du miracle eucharistique survenu à Bolsena, en Italie, où un prêtre qui ne croyait pas en la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie assista au saignement de l’hostie qui colora de rouge le corporal qu’il utilisait. Ce corporal est conservé jusqu’aujourd’hui dans la cathédrale de la ville d’Orvieto, toujours en Italie. Et la messe de la Fête-Dieu a été composée par saint Thomas d’Aquin, à Orvieto, en 1264. A la même époque, deux religieuses belges, Julienne du Mont-Cornillon et Eve de Liège, ont aussi milité pour que cette fête soit célébrée dans l’Eglise universelle.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus déclare que sa chair est la vraie nourriture, et que son sang est la vraie boisson. Nous pouvons nous souvenir qu’avant de mourir, il a mangé avec ses apôtres et qu’en leur donnant le pain et le vin, il a dit : ceci est mon corps et ceci est mon sang. Jésus a voulu se donner entièrement aux siens pour continuer à vivre en eux et leur donner la vie éternelle. Il est venu pour que les siens aient la vie et qu’ils l’aient en abondance (Jn 10, 10). Lorsque nous célébrons l’eucharistie, nous recevons encore le don de Jésus pour augmenter et nourrir en nous la vie éternelle.

Il y a un lien entre le repas eucharistique et la parole de Dieu. En effet, la célébration eucharistique commence toujours par la liturgie de la parole avant de passer à celle de l’eucharistie. La parole de Dieu que nous entendons est aussi une nourriture pour notre âme. Et Jésus est la parole par excellence, le verbe fait chair qui est venu habiter parmi nous (Jn 1, 14). Voilà pourquoi, dans la première lecture, Dieu dit à Moïse que l’homme ne vit pas seulement de pain mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur, c’est-à-dire la parole de Dieu, incarnée dans la personne de Jésus-Christ.

Lorsque nous recevons Jésus dans l’eucharistie, il nous donne la force d’aller transformer notre monde et le rendre meilleur. Il y a un appel à travailler pour éradiquer la faim matérielle dans le monde. Communier au corps et au sang du Christ c’est s’engager à œuvrer pour que personne d’autre ne souffre de la faim. On ne peut éradiquer cette faim que par la solidarité entre nous. Remarquons d’ailleurs qu’avant de parler du pain de vie, l’auteur du quatrième évangile montre que Jésus a d’abord nourri la foule. Il a accompli le miracle de la multiplication de pains en mettant ensemble ce qu’on pouvait trouver dans l’assemblée. Quel peut être notre apport aujourd’hui pour que ceux qui ont faim autour de nous puissent trouver à manger ?

Dans la deuxième lecture, saint Paul dit que la multitude que nous sommes forme un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. Dans ce sens, la communion au corps et au sang du Christ doit nécessairement susciter une plus grande communion entre nous. Cela signifie que nous devons combattre tout ce qui peut susciter zizanie et division parmi nous car nous ne pouvons pas nous avancer jusqu’à la table du Seigneur alors qu’il y a des divisions entre nous.

A la lumière de ces lectures, demandons au Seigneur d’augmenter en nous la foi en la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie, et le désir d’une plus grande communion solidaire entre nous, amen.

Rigobert Kyungu, SJ

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