29ème dimanche du temps ordinaire – Année A : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu »
Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui le 29ème dimanche ordinaire de l’année liturgique A. La première lecture est tirée du livre du prophète Isaïe (Is 45, 4-6). La seconde lecture provient de la première épître de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens (1 Thess 1, 1-8). Nous lirons l’évangile selon saint Mathieu (Mt 22, 15-21).
Ces lectures nous invitent à considérer la suprématie de Dieu dans notre existence et dans toute organisation humaine.
Dans l’évangile, les pharisiens et les hérodiens demandent à Jésus s’il faut payer l’impôt à l’empereur César. Dans sa réponse, Jésus leur montre que c’est Dieu qui dispose de tous les hommes. La monnaie, dit-il, appartient à César car elle porte son image, ou son effigie. A César on ne rend donc que la monnaie, mais pas à Dieu car c’est l’homme tout entier qui appartient à Dieu. En effet, chaque personne est créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Aux yeux de Jésus, il ne s’agit pas de mettre au même pied d’égalité le pouvoir politique terrestre et le pouvoir divin. Car à Dieu il faut tout rendre, parce que tout lui appartient ; Dieu est l’auteur de toute chose, y compris la personne humaine, dans toutes ses dimensions. Rendre au Seigneur ce qui est à lui, c’est lui offrir toute notre vie, afin qu’elle soit au service de sa louange et de sa gloire, à travers le service de nos frères et de nos sœurs.
Dans cette optique, même l’organisation politique de la société doit être subordonnée au plan de Dieu, à qui l’on doit rendre des comptes. Tel est le sens de la première lecture où l’on nous montre comment Dieu organise la vie et le destin d’un peuple, même s’il est dirigé par un roi païen. La politique, ou l’organisation de la vie sociale ne sont pas à séparer des considérations religieuses. Le citoyen chrétien ne peut pas se diviser pour être tantôt politique et tantôt chrétien. Ou bien il est chrétien, ou bien il ne l’est pas. Car il est appelé à témoigner de sa foi dans le milieu où il vit ; c’est ce qu’ont fait les Thessaloniciens à qui Paul s’adresse ; ils ont témoigné de leur foi au sein d’un monde païen.
Ces lectures sont aussi une interpellation pour les dirigeants de ce monde, afin qu’ils comprennent qu’ils ont des comptes à rendre à Dieu. En effet, les chefs politiques courent souvent le risque de se considérer comme des dieux et de vouloir se faire adorer, à l’instar de César. Le Seigneur l’affirme dans la première lecture : Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre : en dehors de moi, il n’y a pas de Dieu. Tout dirigeant politique doit se mettre au service du peuple et c’est seulement ainsi qu’il peut aussi se considérer comme étant au service de Dieu. Car il est possible de se sanctifier à travers la politique, si on se met réellement au service de la société.
A la lumière de ces lectures, demandons la grâce de placer Dieu au-dessus de toute chose, et même de nos vies, car nous avons été créés à son image et nous lui appartenons totalement. Amen.
P. Rigobert Kyungu, S.J








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