Mercredi des Cendres – 40 jours pour revenir à Dieu | P. Rigobert Kyungu, SJ
Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui le Mercredi des cendres, qui marque le début du temps liturgique de carême. C’est un temps fort pendant lequel l’Eglise entière se prépare à célébrer le mystère pascal de la passion, la mort et la résurrection du Seigneur. Ce temps se clôturera en la veillée pascale, avec la célébration de la résurrection du Seigneur.
La première lecture de ce jour est tiré du livre du prophète Joël (Jl 2, 12-18). La deuxième lecture provient de la seconde épitre de saint Paul aux Corinthiens (2 Co 5, 20 – 6, 2). Nous irons l’évangile selon saint Mathieu (Mt 6,1-6.16-18).
Le temps de carême est principalement un temps de jeûne et de pénitence. Il dure quarante jours, en souvenir des 40 ans de la marche du peuple d’Israël en Egypte et des 40 jours de jeûne de Notre Seigneur Jésus-Christ, immédiatement après son baptême. C’est donc un temps d’entrainement au combat spirituel contre les forces du Mal. En effet, la pénitence et le jeûne sont un moyen efficace pour combattre le Diable et ses tentations, comme Jésus l’a fait.
Les cendres qui sont appliquées sur le front des fidèles sont un signe extérieur pour marquer l’entrée dans ce temps de pénitence et de jeûne. Jadis, l’on déchirait ses habits, soit s’habiller en habits de sac ou encore se rouler dans la cendre pour exprimer extérieurement le climat de pénitence et de jeûne. Ces exercices peuvent se faire soit individuellement, soit en communauté. Dans la première lecture, le prophète Joël invite le peuple tout entier à commencer ensemble un jeûne pour faire baisser la colère de Dieu et obtenir de lui l’éloignement de certains malheurs et calamités. Mais Joël montre aussi que par delà les aspects extérieurs de la pénitence et du jeûne, il faut aussi veiller sur leur valeur intérieure. Ainsi invite-t-il à déchirer les cœurs et non les vêtements. Autrement dit, il appelle le peuple à la conversion des cœurs.
C’est dans ce sens aussi que saint Paul, dans la deuxième lecture, invite les Corinthiens à se réconcilier avec Dieu. Il utilise l’expression du « temps favorable » pour une telle réconciliation. Pour nous chrétiens, le carême est justement un « temps favorable » pour retourner à Dieu et pour nous réconcilier avec lui. Mais cette réconciliation n’a pas de sens sans l’exercice de réconciliation avec notre prochain. En effet, la visée principale du temps de carême étant la conversion et le retour à une vie d’amitié avec le Seigneur, il nous revient d’examiner de près nos relations fraternelles avec notre prochain afin d’œuvrer à nous amender et à améliorer ces relations.
L’évangile de ce jour nous offre d’autres moyens pour nous aider à atteindre ce but. Il nous propose trois exercices concrets, à savoir, l’aumône, la prière et le jeûne. Pour l’évangéliste Mathieu, ces exercices doivent s’accomplir dans une certaine discrétion car ils ne sont pas faits pour être vus par les autres, sinon par Dieu lui-même. Autrement dit, ils doivent s’exercer dans la sincérité du cœur, en ayant à l’esprit ce que nous visons. L’aumône est un exercice important car il nous aide à pratiquer la charité. Nous ne devons pas attendre d’avoir tous les moyens possibles pour venir en aide aux nécessiteux, car il y a toujours plus pauvres que nous. Ce qui est important c’est un esprit et un regard de compassion envers les nécessiteux. Puis, le Seigneur inspirera l’action susceptible de venir en aide en faveur de quiconque souffre. Quant à la prière, c’est un des moyens pour combattre le Malin qui cherche toujours à nous éloigner de Dieu. Il s’agit de la vraie prière par laquelle nous nous adressons à Dieu, sans nécessairement alerter tout notre entourage. Aujourd’hui, il y a lieu de s’interroger sur la sincérité et la qualité de la prière de ceux qui prient en langue pour impressioner les autres, ou encore ceux qui amplifient leur voix pour se faire entendre dans tout le quartier. Par ailleurs, en ce temps de carême, il est conseillé de souvent méditer sur la passion de Jésus et si possible, de faire l’exercice du chemin de croix, seul ou avec d’autres ; nous en retirerons beaucoup de fruit. Enfin, il revient à chacun de déterminer le type de jeûne qu’il pourra pratiquer. C’est un exercice qui pourra nous aider à combattre l’un ou l’autre vice qui nous caractérise personnellement.
Qu’à l’occasion de cette célébration, le Seigneur nous accorde de passer un temps de carême fructueux, bénéfique pour notre vie spirituelle personnelle, pour nos familles et communautés et pour toute l’Eglise, amen !
Rigobert Kyungu, SJ










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