2ème dimanche de Carême A | P. Rigobert KYUNGU, SJ
Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui le deuxième dimanche du temps de carême de l’année liturgique A. La première lecture est tirée du livre de la Genèse (Gn 12, 1-4a). La deuxième lecture provient de la seconde lettre de saint Paul apôtre à Timothée (2 Tim 1, 8b-10). Nous lirons l’évangile selon saint Mathieu (Mt 17, 1-9).
Ces lectures nous invitent à faire du silence en nous-mêmes, pour écouter Dieu qui nous parle à travers son Fils et à travers les événements de notre vie.
La première lecture nous rapporte le récit de l’appel d’Abraham à qui Dieu demande de quitter son pays, sa parenté et la maison de son père, pour se rendre dans un pays lointain. Abraham obéit sans discuter, et exécute l’ordre du Seigneur. La deuxième lecture nous montre comment, face aux souffrances et tribulations qu’il endure, Timothée écoute Paul, son maître, qui lui explique le sens de ses souffrances. Il lui demande de les porter pour la cause de l’évangile. Saint Paul montre aussi à son fils spirituel Timothée que, par delà ses souffrances et même ses faiblesses, Dieu l’a appelé pour un projet de bonheur, car Jésus-Christ a détruit la mort en faisant resplendir la vie et l’immortalité. Tel est aussi le message du récit de la transfiguration rapporté dans l’évangile : Jésus donne à ses disciples l’occasion d’expérimenter sa gloire, pour les réconforter dans les épreuves qu’ils auront à subir, notamment celles de sa passion et sa mort.
Lorsque, sur la montagne, Moïse et Elie apparaissent pour échanger avec Jésus, Pierre, bien connu pour son intrépidité, intervient pour dire son bonheur d’être là et suggérer de construire trois tentes. Mais la voix venue de la nuée lumineuse l’interrompt aussitôt pour leur demander d’écouter plutôt Jésus. Cette scène confirme que Jésus est vraiment la parole du Père, en qui convergent la loi et les prophètes, représentés par Moïse et Elie. Ce ne sont pas seulement Pierre, Jacques et Jean qui doivent l’écouter, mais aussi Moïse et Elie. Car c’est en Jésus que s’accomplissent toutes les Ecritures, la loi et les prophètes. C’est pour nous un appel à savoir interpréter toute l’écriture à la lumière de la personne de Jésus et ce qu’il dit dans les évangiles.
Cependant, l’écoute de Jésus exige d’abord de pouvoir se taire, comme devait le faire Pierre. Le temps de carême est un temps de silence et d’écoute, comme le peuple d’Israël qui dans le désert a longuement écouté le Seigneur car il n’était pas exposé à d’autres bruits. Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui est plein de bruit : la télévision, le téléphone, les réseaux sociaux, la musique, le bavardage, etc. Dans tous ces bruits, la parole de Dieu commence à occuper une place secondaire alors qu’elle devrait toujours occuper la première place. Pouvons-nous nous efforcer, comme chrétiens, de nous réveiller le matin en écoutant la parole de Dieu d’abord avant tout autre appel téléphonique ou d’autres vidéos et audios partagés ou arrivés la nuit dans nos téléphones ?
A la lumière de ces lectures, prions pour qu’en ce temps de carême, le Seigneur nous aide à prendre des résolutions susceptibles de nous disposer à mieux l’écouter à travers sa parole et que la victoire de Jésus sur la mort et la gloire de sa transfiguration nous fortifient dans nos épreuves, Amen.
Rigobert Kyungu, SJ










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