Liturgie du Dimanche des Rameaux Année A – Passion du Seigneur | P. Rigobert Kyungu SJ

Ramreaux - Année A
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Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui le dimanche des rameaux dit aussi dimanche de la passion. La première lecture est tirée du livre du prophète Isaïe (Is 50, 4-7). La seconde lecture provient de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens (Ph 2, 6-11).  Nous lirons l’évangile selon saint Mathieu (Mt 26, 14-27, 66).

Ces lectures nous introduisent dans la semaine sainte, qui sera marquée par les célébrations de la passion, la mort et la résurrection de Jésus.

Dans la première lecture, Isaïe montre comment la grâce de Dieu est toujours à l’œuvre, même en pleine situation de souffrances. Si cela a été vrai pour Isaïe et plus tard pour Jésus, ce l’est aussi pour quiconque se confie au Seigneur. Dans la deuxième lecture, saint Paul exalte l’humilité de Jésus qui s’est totalement dépouillé sans revendiquer son droit d’être l’égal de Dieu. Il s’est abaissé jusqu’à mourir comme le dernier des hommes. Cependant, son obéissance et son humilité ont été récompensées car Dieu l’a élevé au-dessus de tout et lui a donné le Nom qui surpasse tous les noms. Ainsi, tout genou fléchira et devra proclamer que Jésus-Christ est Seigneur pour la gloire de Dieu le Père.  Il nous revient d’honorer ce Nom et de toujours le proclamer dans nos maisons et dans toute notre vie. Invoquons-le souvent pour éloigner les mauvais esprits qui par ailleurs connaissent et craignent la puissance du Nom de Jésus.

L’évangile d’aujourd’hui nous rapporte le récit de la passion de Jésus selon saint Mathieu. Ce texte est à la fois riche et complexe. Il est porteur de beaucoup de leçons pour notre propre vie ; en voici quelques-unes. Au début, Jésus nous montre que face à la tentation, il faut beaucoup prier, comme il l’a fait lors de son agonie. La trahison de Judas nous renvoie à nos multiples trahisons. En effet, Judas est tombé dans cette tentation parce qu’il était à la recherche d’argent. Rappelons-nous que l’argent est une source de grande tentation et efforçons-nous d’être libres et honnêtes lorsque nous en avons besoin. La chute de Pierre et la fuite des disciples nous apprennent à être humbles car nous pouvons tous tomber et faire l’expérience de nos fragilités. Comme Pierre, n’ayons pas honte de pleurer nos péchés afin de nous repentir. Que notre fragilité nous apprenne l’humilité et la nécessité de compter sur la grâce de Dieu. Le silence de Jésus devant les multiples accusations constitue un grand enseignement pour nous car la langue peut facilement nous faire tomber dans le péché (Jc 3, 6-10). On le voit avec les passants qui se moquaient de Jésus et lui demandaient de descendre de la croix s’il est le Fils de Dieu. En fait, c’est vraiment le diable qui parlait en eux, de la même manière qu’il a tenté Jésus pendant son agonie, lorsqu’il lui suggérait de ne pas accepter la coupe de sa passion. Et ici les passants utilisent le titre de Fils de Dieu comme Satan l’a fait lorsqu’il a tenté Jésus au désert. Soyons donc attentifs à ce que nous disons. Parfois il vaut mieux nous taire que de parler.

Tout au long du récit de la passion, la divinité de Jésus demeure présente et efficace malgré le silence apparent de Dieu. En effet, le centurion et ses compagnons ont reconnu la présence de Dieu dans la mort de Jésus lorsqu’ils ont confessé : « vraiment celui-ci était le Fils de Dieu » (Mt 27, 54). La mort de Jésus n’est donc pas un échec. Par la passion qu’il subit, il combat le mal à sa racine, en usant des armes de la non-violence. Ces armes apparaissent faibles, alors qu’elles sont les plus efficaces à longue échéance.

En définitive, Jésus incarne en lui toute la souffrance de l’humanité : l’injustice déployée dans le complot monté contre lui se voit encore de nos jours dans la situation des innocents persécutés. Le cri de Jésus envers son Père exprime le cri des opprimés de notre monde qui font monter leurs lamentations à Dieu. Et, comme le dit le Psalmiste, Dieu entend toujours le cri des pauvres et des opprimés (Ps 33, 7).

 A la lumière de ces lectures, entrons dans la semaine sainte en ayant le regard fixé sur Jésus, afin de tirer des leçons qui s’imposent pour notre propre vie. Qu’en communiant à ses souffrances, nous puissions aussi communier à la joie de sa résurrection. Amen.
Rigobert Kyungu, SJ
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