22ᵉ Dimanche Ordinaire – Année C | Père Rigobert Kyungu, SJ
Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui le 22ème dimanche du T.O. de l’année liturgique C. La première lecture est tirée du livre de Ben Sirac le Sage (Si 3, 17-18.20.28-29). La seconde lecture provient de la lettre aux Hébreux (He 12, 18-19.22-24a). Nous lirons l’évangile selon saint Luc (Lc 14, 1.7-14).
Ces lectures nous parlent de l’humilité, la sincérité et la générosité, des vertus importantes dans notre recherche de Dieu.
L’épisode raconté dans l’évangile se déroule un jour de sabbat et Jésus est invité à manger chez un chef des pharisiens. Partant de son sens de l’observation, il remarque que les autres convives, ainsi que celui qui l’avait invité, se limitent aux apparences et qu’en ce jour de sabbat, il leur manque la sincérité du cœur. En effet, les différents convives cherchaient à occuper les premières places pour se faire remarquer des autres. Une telle attitude traduit un certain esprit d’orgueil qui ne convient pas, surtout en ce jour de sabbat, pourtant réservé à Dieu.
Dans la première lecture, l’auteur du livre du Siracide affirme que la racine du mal se trouve dans l’orgueil. En fait, pour soigner les apparences, l’orgueilleux recourt à toutes sortes d’astuces, et davantage au mensonge, pour continuer dans sa ligne, et finalement il tombe dans d’autres vices. Voilà pourquoi l’écrivain biblique donne ce conseil : « Accomplis toute chose dans l’humilité, et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur ». En effet, l’humilité est une vertu qui aide à être authentique et vrai envers Dieu, envers les autres et à l’égard de soi-même. C’est savoir se reconnaître petit, et accomplir des choses, non pas pour être vu par les autres, mais plutôt pour plaire à Dieu. Car en fin de compte, c’est Dieu qui voit et qui récompense. Et comme le dit Saint Paul dans la deuxième lecture, Dieu est le juge de tous. Dans la même ligne, Jésus déclare : « quiconque s’abaisse sera élevé et quiconque s’élève sera abaissé ! » La vraie élévation est donc celle qui vient de Dieu, et non des hommes. Car c’est Dieu qui abaisse ou qui élève, en fonction de notre conduite devant ses yeux.
Au cours de ce repas, Jésus avait aussi remarqué que son hôte n’avait invité que des gens riches, sans penser aux pauvres. Là encore, le pharisien a peut-être voulu montrer aux autres riches combien il était capable d’organiser un repas aussi somptueux auquel même Jésus était convié. Sa richesse l’a rendu aveugle et incapable de voir les pauvres et les affamés. Il a ainsi manqué au devoir de la charité, lui qui pensait observer le sabbat et être en ordre avec Dieu. L’intervention de Jésus montre qu’on ne peut pas prétendre être en ordre avec Dieu sans d’abord reconnaître sa présence dans ceux qui souffrent. Jésus a donc invité le pharisien à savoir donner gratuitement, sans rien attendre en retour, car en définitive c’est Dieu seul qui donne la vraie récompense.
Ces lectures nous invitent aussi à nous interroger sur notre manière de nous comporter dans la société. Parfois nous cherchons à agir pour être vu des autres afin d’obtenir leur appréciation. Et la recherche de notre propre gloire nous empêche de voir les pauvres, d’avoir de la compassion et d’exercer la charité. Peut-être devrions-nous aussi examiner nos ambitions face au pouvoir : est-ce pour servir ou tout simplement pour notre propre gloire ? Et comment organisons-nos fêtes ? Savons-nous être inclusifs et y réserver de la place pour les pauvres ?
A la lumière de ces lectures, demandons la grâce de vivre dans la sincérité, l’humilité et la générosité aux yeux de Dieu et aux yeux de nos frères et sœurs, et ainsi sanctifier le Seigneur par toute notre vie. Amen.
Rigobert Kyungu, SJ
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