5ème dimanche de Carême A | P. Rigobert KYUNGU, SJ
Frères et Sœurs, nous célébrons aujourd’hui le cinquième dimanche du temps de carême de l’année liturgique A. La première lecture est tirée du livre du prophète Ézéchiel (Ez 37, 12-14). La seconde lecture provient de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (Rm 8, 8-11). Nous lirons l’évangile selon saint Jean (Jn 11, 1-45).
Ces lectures nous invitent à croire en la présence du Seigneur dans nos vies, même en temps de graves épreuves comme la maladie et la mort.
Dans la première lecture, le Seigneur, par la bouche du prophète Ezéchiel, promet de libérer le peuple d’Israël qui subit l’exil à Babylone, pour le ramener sur la terre d’Israël. Le prophète utilise l’image des tombeaux pour montrer à quel point l’exil était semblable à la mort pour le peuple d’Israël. En effet, iI y a parfois des épreuves qui peuvent être comparées à de vraies expériences de mort. Ainsi en était-il pour le peuple d’Israël en exil. L’expérience de libération aidera ce peuple à découvrir davantage qui est le Seigneur. Au fait, chaque épreuve est aussi un appel à découvrir la présence et la grandeur du Seigneur dans nos vies. Dans l’évangile, Jésus affirme que la maladie de Lazare servirait à la gloire de Dieu et à la glorification du Fils de Dieu. Puissions-nous aussi expérimenter la gloire de Dieu et la glorification du Fils de Dieu à travers nos différentes épreuves.
L’évangile d’aujourd’hui concerne la maladie et la mort de Lazare. Nous expérimentons tous ces deux réalités car elles font partie de notre existence humaine ici sur terre. Sur le plan purement humain, ce récit nous montre comment Jésus est totalement présent dans le quotidien de son peuple, en l’occurrence dans la famille de Marthe, Marie et Lazare. Les deux sœurs appellent Lazare « celui que Jésus aime ». Et les juifs remarquent aussi que Jésus aimait bien Lazare. D’ailleurs il est saisi par l’émotion ; lorsqu’il rencontre la foule en pleurs, avec Marthe et Marie, Jésus, lui aussi pleure avec eux, avant de se rendre au tombeau. Il exprime ainsi sa compassion et sa proximité envers cette famille. Cette scène nous montre que Jésus est toujours du côté de ceux qui souffrent. En effet, dans nos différentes épreuves, Dieu est toujours de notre côté ; il souffre et pleure avec nous, dans la personne de Jésus. Cette scène nous invite aussi à imiter la compassion de Dieu, afin de nous faire proches de ceux qui souffrent, pour leur exprimer notre compassion. C’est une invitation à veiller les uns sur les autres, notamment en ce qui concerne la santé. En plus des soins à prodiguer aux malades, nous pouvons intercéder pour eux et les présenter à Jésus en disant : Seigneur, celui ou celle que tu aimes est malade !
Par delà le niveau humain, cette page de l’évangile nous invite à contempler l’épisode de Lazare avec un regard de foi. Ici, il nous sied de comprendre que Jésus est vainqueur non seulement de la maladie, mais même de la mort. En ressuscitant Lazare, il annonce ainsi sa propre résurrection. En effet, aux yeux de Jésus, la mort ressemble à un simple sommeil. Il lui suffisait d’appeler Lazare par son nom pour que ce dernier se réveille. Il en sera de même pour nous aussi, lorsque Jésus nous appellera pour nous sortir de nos tombeaux. N’avait-il pas dit : « l’heure est venue où les morts entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui l’auront entendu vivront ? » (Jn 5,25). L’appel pour nous ici est celui de croire que Jésus est la résurrection et la vie et que si nous vivons et croyons en lui, nous ne mourrons jamais, même si nous passons par la mort physique.
Par ailleurs, saint Paul dans la deuxième lecture, demande aux Romains de ne pas rester sous l’emprise de la chair, au risque de ne pas plaire à Dieu. En effet, l’attachement aux œuvres de la chair peut occasionner une certaine paralysie et ainsi empêcher de servir le Seigneur en toute liberté. Il nous revient d’examiner nos liens d’attachements divers, susceptibles d’étouffer notre liberté intérieure. Tout comme Jésus a délié Lazare dont les mains et les pieds étaient attachés et le visage voilé, il peut aussi nous libérer et couper tous les liens qui nous rendent encore captifs.
A la lumière de ces lectures, demandons au Père de renouveler en nous le don de l’Esprit afin de ne pas vivre sous l’emprise de la chair ; puisse-t-il faire grandir en nous l’espérance et la foi en la puissance de la résurrection de Jésus, amen !
Rigobert Kyungu, SJ










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