5ème dimanche ordinaire – Année A | P. Rigobert KYUNGU, SJ
Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui le cinquième dimanche ordinaire, de l’année liturgique A. La première lecture est tirée du livre du prophète Isaïe (Is 58, 7-10). La seconde lecture provient de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Cor 2, 1-5). Nous lirons l’évangile selon saint Mathieu (Mt 5, 13-16).
Ces lectures nous invitent à témoigner de notre foi et à faire le bien sans relâche.
L’évangile d’aujourd’hui est extrait du sermon de Jésus sur la montagne. Ce sermon commence par les béatitudes que nous avons lues le dimanche dernier. Aujourd’hui, Jésus utilise deux images fortes, le sel et la lampe, pour nous inviter à marquer le monde positivement, comme chrétiens.
La fonction du sel est celle de donner de la saveur à la nourriture, et la lampe sert à éclairer tous ceux qui sont dans la maison, comme le dit Jésus lui-même. En effet, pour Jésus, les chrétiens doivent savoir donner de la saveur au monde, sans laquelle ils n’ont pas de raison d’être, comme le sel qui a perdu sa saveur et qui doit être jeté par terre pour être piétiné par les hommes. Ils doivent aussi éclairer le monde ! Un sage disait que ce qu’il y a de chrétien dans le chrétien c’est le Christ. Le chrétien ne peut donner de la saveur au monde et l’éclairer, que s’il est habité par le Christ, vrai sel de la terre et vraie lumière du monde. Et lorsque le Christ est en nous, c’est en fait toute la sainte Trinité qui va nous habiter, comme le dit Jésus dans Jean 14, 23 : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure ». Etre sel de la terre et lumière du monde, c’est aussi savoir porter du fruit, qui jaillit de l’Esprit, comme le dit saint Paul dans Galates 5, 22-23.
Dans la deuxième lecture, saint Paul atteste que par sa prédication, c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestent, alors qu’il proclame le Christ, ce messie crucifié. Saint Paul s’est laissé habiter par Jésus et la force de la sainte Trinité lui a été d’un grand secours. Il formule le vœu de voir la foi des Corinthiens reposer, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu lui-même. Qu’il en soit ainsi pour nous aussi !
Dans l’évangile, Jésus dit aussi que la lampe ne brille pas pour elle-même mais pour les autres. Ce n’est donc pas pour notre gloire que nous devons faire du bien. D’ailleurs, on ne fait pas le bien pour être vu, mais lorsqu’on fait du bien, cela se voit nécessairement. Nous avons donc le défi de permettre aux autres de glorifier Dieu, à travers nos bonnes œuvres, qui sont aussi le fruit de l’Esprit.
Revenons à la première lecture qui est comme une illustration de l’appel de l’évangile. En effet, le prophète Isaïe exhorte les peuples retournés de l’exil à se soucier de l’affamé, et à secourir le pauvre. En langage d’aujourd’hui nous dirions que le prophète les invite à exercer la charité ou les œuvres de miséricorde. Isaïe affirme que quiconque mettra tout cela en pratique, verra le Seigneur lui venir en aide chaque fois qu’il l’invoquera. C’est un appel à sortir de soi pour secourir l’autre au lieu de ne chercher que son propre intérêt. C’est dans ce sens que Pape François nous demandait toujours de sortir et d’aller vers les autres, particulièrement vers les périphéries existentielles.
A la lumière de ces lectures, demandons au Seigneur de venir habiter en nous afin de nous rendre capables d’être vraiment le sel de la terre et la lumière du monde Amen.
Rigobert Kyungu, SJ







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