4ème dimanche ordinaire – Année A | P. Rigobert KYUNGU, SJ

4e dimanche Ordi - Année A
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Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui le quatrième dimanche ordinaire de l’année liturgique A. La première lecture est tirée du livre du prophète Sophonie (So 2, 3 ; 3, 12-13). La seconde lecture provient de la première épitre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 1, 26-31). Nous lirons l’évangile selon saint Mathieu (Mt 5, 1-12a). Ces lectures insistent sur l’importance de la vertu de l’humilité.

Dans la première lecture, le prophète Sophonie qui annonce le jour du jugement et de la colère de Dieu, invite aussi le peuple à rechercher la justice et l’humilité. Il loue la fidélité de la minorité qui persévère et promet à ce petit reste les bénédictions de Dieu. Dans la deuxième lecture, saint Paul montre que le Seigneur n’oublie jamais les humbles car c’est parmi eux qu’il choisit ceux dont il veut se servir. Saint Paul montre aussi qu’il ne sert à rien de s’enorgueillir ; l’unique fierté qui vaille la peine est celle qui est faite en Dieu, conformément à ses exigences.

L’évangile quant à lui, reprend le texte des béatitudes selon saint Mathieu. Ce texte est situé au début de l’évangile de Mathieu que nous lirons pendant les dimanches ordinaires de cette année liturgique A. Pour l’évangéliste Mathieu, c’est le premier des discours de Jésus, au début de son ministère. Il est comme un plan d’action de sa mission.  Dans son exhortation apostolique Gaudete et Exsultate, le Pape François dit que les béatitudes sont la carte d’identité du chrétien. C’est une manière de nous inviter à les intérioriser et les mettre en pratique dans notre vie. En effet, la dite exhortation est un appel à rechercher la sainteté. Autrement dit, les béatitudes peuvent nous aider à nous sanctifier et à devenir plus proches de Dieu.

La première béatitude, celle des pauvres de cœur, est comme le résumé de toutes les béatitudes mises ensemble. Car le pauvre de cœur est celui qui met son espoir dans le Seigneur et qui vit conformément à sa volonté. Il est clair qu’en s’efforçant de vivre ainsi, l’on peut aussi être doux, miséricordieux, artisan de paix, etc. Cette première béatitude peut aussi être mise en lien avec les deux premières lectures de ce jour. En effet, être pauvre de cœur c’est aussi être humble. Cependant, l’humilité n’est pas la même chose que la naïveté, la passivité ou l’inaction. Au contraire ! Un homme humble aux yeux de Dieu est aussi celui qui sait combattre pour la paix et la justice ; il est engagé et est même prêt à en mourir, comme c’est le cas de beaucoup de martyrs. Il en est de même de la béatitude des doux. La douceur n’est pas à confondre avec la faiblesse ; c’est plutôt une force mais d’un autre ordre. La douceur dans les querelles fait partie des armes de la non-violence. La douceur spirituelle s’oppose à l’agitation des violents qui est souvent un signe d’une présence maléfique. Jésus promet la terre aux doux car lorsqu’on use des armes de la non-violence, l’on finit toujours par avoir gain de cause, à force de persévérance.

Nous pouvons donc remarquer que les béatitudes se recoupent. Il revient à chacun de prendre le temps de s’y arrêter pour mieux les intérioriser. Il a été observé que l’on parle souvent de huit béatitudes chez Mathieu. Une lecture attentive de ce passage donne plutôt un résultat de neuf béatitudes. L’on omet souvent la neuvième béatitude, peut-être parce qu’elle paraît être difficile à exercer au quotidien : Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! Qui de nous s’évertue à se réjouir lorsqu’il est insulté ou calomnié ? Le premier réflexe n’est-il pas plutôt celui de chercher à nous défendre et même à nous battre bec et ongles ? Au fait, à y voir de plus près, il y a vraiment du bonheur à mettre cette béatitude en pratique. Employons-nous-y et nous pourrons en témoigner un jour ! En définitive, les vertus que Jésus nous recommande d’exercer avec cet enseignement sont aussi des fruits de l’Esprit. Nous avons besoin de l’aide de l’Esprit pour les mettre en pratique. Regardons aussi l’exemple de nombreux saints, en particulier de Marie, la Mère de Jésus. Ils peuvent bien nous inspirer et nous aider.

A la lumière de ces lectures, demandons au Seigneur de nous envoyer son Esprit pour qu’il nous aide à intérioriser les béatitudes et à les mettre en pratique pour notre vrai bonheur, amen.

Rigobert Kyungu, SJ

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