6ème dimanche ordinaire – Année A | P. Rigobert KYUNGU, SJ
Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui le sixième dimanche ordinaire, de l’année liturgique A. La première lecture est tirée du livre de Ben Sirac le Sage (Si 15, 15-20). La seconde lecture provient de la première épitre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1Co 2, 6-10). Nous lirons l’évangile selon saint Mathieu (Mt 5, 17-37).
Ces lectures nous invitent à nous référer à la sagesse de Dieu pour comprendre ses commandements et les mettre en pratique.
L’évangile d’aujourd’hui est un extrait du discours sur la montagne au cours duquel Jésus relit la loi pour en donner l’explication. Avec beaucoup de sagesse, il corrige la lecture littéraliste qu’en faisaient les scribes et les pharisiens. Voilà pourquoi il conditionne l’accès au royaume de Dieu à la justice qui dépasse celle des scribes et pharisiens. Dans ce passage, Jésus évoque les commandements qui concernent particulièrement les relations avec le prochain, entre les conjoints, et avec Dieu. Par rapport au prochain, Jésus explicite le commandement de ne pas commettre le meurtre. A ses yeux, l’offense envers le prochain commence déjà avec une simple insulte. Ainsi invite-t-il à éviter les conflits et toute forme de violence, verbale ou physique, afin de viser plutôt l’harmonie dans la relation avec le prochain. Bref, il n’y a pas que le meurtre comme péché dans la relation avec le prochain.
Quant aux relations entre les conjoints, Jésus rappelle l’interdiction de commettre l’adultère ainsi que la question du divorce. C’est en fait l’appel à la fidélité entre les conjoints. Ici, Jésus invite à aller plus loin que les seuls faits de l’adultère ou du divorce ; il exhorte à examiner tout ce qui peut conduire à pareilles situations. En effet, l’infidélité commence dans des petites choses. Et il est bon de s’en rendre compte rapidement pour mettre fin à certains comportements pouvant y conduire. Jésus dit qu’il faut arracher l’œil ou couper la main. C’est une invitation à prendre des décisions radicales pour arrêter des comportements susceptibles de pousser à l’infidélité. Dans le cas précis, il faudrait s’éloigner des situations de tentations, et même cesser de fréquenter des personnes ou des lieux pouvant conduire à l’infidélité. Bien entendu, la prière, le dialogue et le conseil sont autant de moyens susceptibles d’aider les conjoints et de lever les malentendus qui surviennent. Concernant la question du divorce, Jésus exprime son désaccord car à ses yeux, le mariage est une institution divine, que l’homme ne peut se permettre de banaliser (Mt 19, 6).
Enfin, concernant les relations avec Dieu, Jésus parle des serments qu’on fait et encourage à être vrai et cohérent par rapport à notre oui ou notre non. Car pour lui, tout superflu de paroles vient du Mauvais. En effet, le Mauvais c’est Satan, connu aussi comme le Prince du mensonge. Utiliser le mensonge comme stratégie ou mode de vie, c’est choisir de se laisser guider par Satan. L’auteur de la première lecture affirme que Dieu, dans sa grande sagesse, voit tout et sait tout. Manquer de vérité envers nous-mêmes et envers les autres, c’est donc vouloir tromper Dieu lui-même qui pourtant voit tout et sait tout !
Ben Sirac le Sage dit aussi que l’homme a le pouvoir d’observer les commandements de Dieu, s’il le veut. La sagesse nous invite donc à décider d’accepter les commandements de Dieu et choisir d’y rester fidèles. Cependant, cela exige d’abord de bien comprendre les commandements afin de mieux les intérioriser. Et cette grâce ne peut venir que de Dieu lui-même.
Saint Paul, dans la deuxième lecture, dit avoir reçu la révélation de proclamer Jésus, sagesse restée cachée depuis les origines, et que le monde ignore. Il ajoute que c’est par l’Esprit que Dieu révèle cette sagesse. Ne cessons donc pas d’invoquer l’Esprit de sagesse afin qu’il nous fasse connaître Jésus-Christ, pour nous révéler le vrai sens des écritures et des commandements. Amen.
Rigobert Kyungu, SJ









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