1er dimanche de Carême A | P. Rigobert KYUNGU, SJ
Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui le premier dimanche du temps de carême de l’année liturgique A. La première lecture est tirée du livre de la Genèse (Gn 2, 7-9 ; 3, 1-7a). La seconde lecture provient de l’épitre de saint Paul apôtre aux Romains (Rm 5, 12-19). Nous lirons l’évangile selon saint Mathieu (Mt 4, 1-11).
Ces lectures nous invitent à être vigilants pour ne pas tomber dans le piège de Satan qui livre un combat contre Dieu et contre son royaume.
La première lecture nous rapporte le récit de la chute de nos premiers parents Adam et Eve. Elle montre comment Satan use du mensonge et de la ruse pour faire tomber Adam et Eve. Ce n’est donc pas pour rien qu’il est appelé le père du mensonge (Jn 8, 44). Dans la deuxième lecture, saint Paul montre que la cause de l’homme n’est pas perdue, car en Jésus-Christ, il peut être sauvé. C’est avec conviction qu’il dit : « Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes ».
Quant à l’évangile, il nous raconte comment Jésus a vaincu le diable et les tentations auxquelles il le soumettait. Jésus nous montre ainsi comment, nous aussi, nous pouvons vaincre le tentateur qui rôde toujours alentour pour chercher à nous faire tomber. Dans la première tentation, le diable, profitant du fait que Jésus a très faim, vient lui proposer de changer la pierre en pain. Même si la proposition semble bonne apparemment, elle cache l’intention maléfique de Satan, de pousser Jésus à désobéir à la volonté de Dieu, qui pourtant est le seul capable de donner le pain quotidien. Satan combat ainsi la vertu théologale de l’espérance en dramatisant le fait d’éprouver la faim matérielle. Jésus vainc cette tentation et affirme la priorité de la parole de Dieu par rapport aux biens de la terre. C’est la parole qui est la vraie nourriture pour la vie éternelle.
Dans la deuxième tentation, le diable demande à Jésus de se jeter du haut du temple pour prouver qu’il est le fils de Dieu. Et en guise d’argument, il cite abusivement la parole de Dieu. Satan veut donc forcer Jésus à faire un miracle pour prouver l’existence de Dieu. Il combat ainsi la vertu théologale de la foi. En effet, avoir la foi, c’est continuer de croire en Dieu, même lorsque rien d’extraordinaire ne se manifeste. Faisons donc attention lorsque nous recherchons des miracles sans d’abord affermir notre foi en Dieu. Car Satan peut aussi se cacher derrière la recherche des miracles, et même favoriser certains miracles.
Enfin, par la troisième tentation, Satan demande à Jésus de tomber à ses pieds pour l’adorer et ainsi recevoir de lui le pouvoir sur tous les royaumes de la terre, prétendant qu’ils lui appartiennent. Ici, c’est la vertu théologale de l’amour qu’il veut combattre. En effet, l’homme est appelé à aimer Dieu de tout son cœur et de tout son être (Mt 22, 37), et c’est donc Dieu seul que l’homme doit adorer, comme le dit Jésus dans sa réplique. Soyons donc vigilants pour ne pas tomber dans la tentation de vouloir adorer d’autres dieux à la place du seul vrai Dieu. Et aujourd’hui ces faux dieux portent les noms de pouvoir, argent, honneurs, etc. Au fait, la recherche effrénée du pouvoir, des richesses et des honneurs, éloigne toujours de Dieu et du prochain.
A la lumière de ces lectures, demandons la grâce de connaître les tromperies du Mauvais et la force nécessaire pour les vaincre. Qu’à l’instar de Jésus, nous puissions devenir libres par rapport au pouvoir, aux biens de la terre et aux honneurs, et que croissent toujours en nous la foi, l’espérance et la charité, amen !
Rigobert Kyungu, SJ







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